Quelques essais de compétitions vélo, ou comment le manque d’expérience peut sembler drôle…

Tout d’abord, je me présente : je suis Olivier, j’étais au club de tandem l’année dernière. Pour ceux qui ne se souviennent pas, j’avais un vélo de contre la montre un peu trop décalé… Je n’ai pas pu m’inscrire cette année car je prends des cours de piscine pour (enfin) apprendre à nager.

En parallèle, j’ai toujours voulu essayer la compétition vélo histoire de se mesurer aux autres. Voici donc le récit de mes quelques aventures (ou mésaventures) que je souhaitais vous faire partager.

Pour situer un peu, j’ai commencé le vélo très tard, vers 22 ans suite à une grève des transports. C’est devenu mon moyen de locomotion, de loisir, et de défoulement.

Malgré quelques très belles gamelles, des centimètres carrés de peau en moins, deux traumatismes crâniens (on ne le répètera jamais assez : portez toujours un casque !!), un arrêt de trois ans après m’être abîmé le genou dans une chute, avoir été laissé pour mort dans une forêt suite à un choc frontal avec une voiture, malgré tout, je continue à rouler tous les jours, avec envie.

J’ai un vélo de contre la montre, je ne fais pas de longues distances, mais régulièrement, toujours sur le plat, et en général assez fort…Pas suffisant pour faire de la compétition, mais il faut savoir se donner des challenges !

Premier essai : la montée chronométrée de l’Aigoual.

En août dernier, j’ai voulu faire la montée chronométrée de l’Aigual, et ainsi essayer enfin une course.

Contexte humain et matériel : je n’avais jamais monté de côte de ma vie. Mon vélo n’était évidemment pas du tout adapté, par sa géométrie, son poids, sa rigidité, et des développements faits pour la vitesse sur le plat. Il a fallu que je change mon guidon la veille pour un cintre classique, car celui d’origine était interdit.

Pour ajouter un handicap, la course avait lieu lors du grand chassé-croisé juillet-août. C’est important à noter, car après avoir déposé les enfants chez les grands parents dans les Alpes, je me suis retrouvé coincé dans les embouteillages, sans manger… Je suis arrivé juste à temps pour l’inscription, le ventre toujours désespérément vide…

Le départ est donné pour 30 kilomètres de montée. C’est dur les côtes quand on ne connait pas.

Évidemment, ce qui devait arriver arriva, je me suis fait une belle hypoglycémie à quelques kms de l’arrivée… J’ai vraiment craché mes tripes…

Malgré tout, avec 186 concurrents au départ, j’ai terminé 1er non licencié, 6ème des 30-40 ans, et 28ème au général…C’était un bon début !

Deuxième essai : un contre la montre individuel.

Pour la deuxième course, j’ai choisi un contre la montre début octobre aux Aresquiers. Ici mon vélo était dans son élément, comme tous ceux des autres concurrents. C’est un contre la montre de 20 km sur le plat, mais avec du vent. Il y a un départ toutes les minutes.

Cette fois j’avais mangé ! C’est bien. Mais c’est encore mieux de synchroniser sa montre avec celle des commissaires de la course ! Quel imbécile…

Conclusion, quand j’ai été appelé pour mon départ, je n’étais pas prêt !! Je suis donc parti en retard, en ayant perdu entre 10 et 40 secondes environ… J’ai donc démarré comme une brute, et bien évidemment, départ toute les minutes + mon retard : au début je ne voyais personne devant moi.

Heureusement, au bout de quelques kilomètres, j’ai finalement rattrapé le gars parti devant moi, puis un deuxième, un 3ème, 4ème, un 5ème… Je ne me souviens même pas d’avoir franchi la ligne d’arrivée.

Longue attente des résultats, puis le verdict : j’ai terminé… 2ème au général à 12 secondes du champion régional ! Je n’en revenais pas !

Cependant, le vendeur cycle de mon magasin de vélo a émis des réserves sur mon résultat…En effet, le champion en question termine tous ses contres la montre avec 1 minute d’avance sur le 2eme, et il a terminé 6ème aux championnats de France de contre la montre… J’ai pourtant eu l’impression de rouler vite, mais dans le doute, je me suis inscrit à un autre contre la montre à Teyran une semaine après pour confirmer ou infirmer…

Troisième essai : encore un contre la montre individuel (jamais deux sans trois…).

C’est cette fois un contre la montre de 26 km très dur, avec des côtes, des virages, des traversées de villages… Il y a pour celui là un départ toutes les 2 minutes. Il fait 7 degrés sur la ligne. Cette fois j’avais mangé et j’ai bien entendu 6, 5, 4, 3, 2, 1, GO ! C’est mieux : bon début !

Chaque concurrent étant espacé de 2 minutes au démarrage, personne à l’horizon dans un premier temps. Au bout de 8 km je double celui qui est devant moi, puis je rentre dans un village. A chaque intersection, il y a des commissaires pour indiquer le chemin, car avec le nez dans le guidon, on ne voit rien… J’arrive dans un rond point, et là, catastrophe : les 2 commissaires parlant entre eux ne m’ont pas vu arriver…….. Je me suis trompé de sortie !!… Le temps de comprendre ce qui m’arrive après m’être perdu dans le village, je fais demi-tour. Je ne sais pas combien de temps j’ai perdu dans la bataille. Probablement 2 minutes car il m’a fallu de nouveau 8 km pour doubler le concurrent que j’avais dépassé auparavant…

J’ai donc franchi la ligne énervé et dégouté. Mais tant pis.

Au final, je suis arrivé 5ème du général. Les 2ème, 3ème et 4ème sont dans les 40 secondes devant moi, et Vincent, le fameux champion régional a terminé 1er, 2 minutes devant moi !!

Je manque encore cruellement d’expérience ! Mais je suis content d’avoir essayé !

Quatrième essai : une cyclo-sportive en ligne, la Pingeon 2013.

Début avril, j’ai voulu essayer de faire la Pingeon, sur le parcours de 90 km, 1700m de dénivelé positif. Toujours le même contexte : je n’ai pas l’endurance pour faire ça, je n’ai pas réessayé de côtes, j’ai très peur dans les descentes et il y a 700 d’inscrits. Par contre, j’ai pour l’occasion fait remonter une semaine avant mon ancien vélo de route, histoire d’être un peu plus confortable sur la durée.

Le départ est donné à 9h15 à Gignac : il y a du vent et il fait froid (5 degrés seulement). C’est parti très vite, chacun voulant se placer correctement. Puis arrive la première difficulté après 15 km : la montée d’Arboras. Je suis bien placé, dans le groupe des 10 premiers. Chacun est roue dans roue. Au premier quart de la montée, le concurrent juste devant moi a touché son prédécesseur et est tombé… Je n’ai pas pu l’éviter, je suis tombé aussi… Mon acolyte a du abandonner, roue cassée.

De mon côté : chaine déraillé, roues désaxées, étriers de freins déréglés, guidon faussé…
Sur le plan humain, ma main est douloureuse, j’ai vraisemblablement des coupures au visage car je saigne, j’ai mal à la cuisse droite.

Évidemment, le temps de remettre mon vélo à peu prêt en état, environ 300 participants m’ont doublé. Je suis reparti comme une brute avec la hargne et les jambes. Cela m’a permis de remonter tout le monde, et 1km après le col des 3 vents, j’étais premier… Mais j’ai aussi brulé trop de calories.

Je savais ne pas du tout être un bon descendeur, cela s’est confirmé ! C’est curieux de se faire doubler alors que l’on roule déjà à 72 km/h. Puis je me suis fait peur une première fois dans un virage. Dans un deuxième ensuite. Et dans un troisième, je suis parti beaucoup trop large, et j’ai fini dans la boue dans un champ ! Conclusion: je me suis fait pas mal doubler.

Les 30 derniers km ont été vraiment laborieux, car je me suis retrouvé tout seul face au vent. Tout est devenu très dur, ma cuisse a commencé à me faire vraiment mal. Je payais la chute et la montée en force d’Arboras.

Finalement, j’ai terminé dans la douleur 70ème. Je suis content.

Conclusion

Un jour, j’espère arriver à faire une course sans encombre ! Il y a encore un peu de travail.

J’espère que ces petites expériences vous ont fait sourire, c’était le but.

Olivier Artigues

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