Olivier Donval :  » L’exposition médiatique n’existe que pendant les Jeux  »

Fin d’après-midi en ce pluvieux milieu de semaine parisien. C’est en sortant du boulot qu’Olivier nous a donné rendez-vous. Pour nous raconter son histoire.

 Olivier, explique nous en quoi consiste le tandem handisport avec un pilote ? Quel est sa particularité ?
Olivier Donval : Le tandem handisport est composé d’une personne déficiente visuelle placée à l’arrière qui est accompagnée et guidée par une personne valide. Les deux pédaliers sont reliés par une chaîne de relai qui permet de transmettre une force commune à la roue arrière. C’est  un sport où l’on retrouve les mêmes caractéristiques que le vélo (endurance, agilité, tactique et explosivité) avec la  cohésion en plus.

Comment allier sport de haut niveau et travail ? Ton employeur vous aménage t-il des horaires ?
Olivier Donval : La pratique de ce sport me demande une préparation de 10 à 15 heures par semaine. Je bénéficie de l’aide de mon employeur Fondation hospitalière Sainte Marie et du Ministère de la Jeunesse et des Sport d’un aménagement d’une demi journée par semaine. La difficulté réside dans l’entrainement sur le vélo à cause de la dépendance d’une personne pour m’entraîner. Je m’entraîne avec plusieurs guides afin de ne pas dépendre d’une personne. Je m’entraîne régulièrement seul par des exercices de musculation, relaxation, footing (où j’arrive encore à  me débrouiller seul).

Tu as un palmarès impressionnant. Est-il difficile dans ces conditions de trouver des sponsors ? Tu les démarches ? Comment tu t’y prends ?

Olivier Donval : Le coût du matériel et des déplacement est élevé. Il est indispensable d’être aidé. Un tandem de haute qualité coûte en totalité 7000 euros. Nous nous appuyons sur les structures des clubs comme Aslaa Paris Tandem Club ainsi que la structure professionnelle d’Auber 93. Mais cela ne suffit pas pour faire toutes les courses souhaitées. Les démarches de sponsoring sont très longues et difficiles vu la faible exposition médiatique du handisport en France.

Justement, trouves-tu que ta discipline soit sous-exposée médiatiquement ? Es-tu souvent sollicité médiatiquement ?
Olivier Donval : L’exposition médiatique en France n’existe QUE pendant les Jeux Paralympiques, et encore, bien plus faible que chez nos voisins européens. Alors qu’il existe des compétitions nationales et internationnales pendant cet intervalle. C’est réellement dommage, car cela permettrait aux personnes handicapées de se sentir vivre en France et non plus en marge, mais aussi de lever beaucoup de tabous dans la tête des gens, puis de se sentir concerné par le problème du handicap en France.
J’essaie d’utiliser mon image pour défendre une association qui recherche des fonds pour lutter contre les maladies de la vue, Rétina France.

 Paru dans Marketingsport du 1er mars 2010.

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